Skip navigation

Architecture néerlandaise à Paris

Le Collège néerlandais de Willem Marinus DUDOK

dudok.gif

Le Collège néerlandais

Inauguré en 1938, le Collège néerlandais répondait à un programme architectural ambitieux et complet qui fut rapidement altéré. Conçu par Dudok comme une véritable « cité idéale », centre de diffusion de la culture néerlandaise, le bâtiment fut transformé en simple cité-dortoir. En effet, pour des raisons de rentabilité économique, le nombre de chambres fut porté de 50 à 125. Malgré ces modifications, le Collège néerlandais n'en demeure pas moins une oeuvre importante de Dudok et un jalon dans l'histoire de l'architecture néerlandaise de l'entre-deux-guerres. Le bâtiment reprend de multiples innovations formelles de l'hôtel de ville d'Hilversum - chef-d'oeuvre de Dudok construit en 1927 aux Pays-Bas-, telles que le plan organisé autour de la cour centrale, le jeu cubiste des volumes emboîtés, le campanile hérité des beffrois médiévaux. Ces éléments sont cependant parfaitement adaptés à la fonction du Collège. Le plan est pensé en fonction des circulations des étudiants; les masses architecturales reflètent la diversité des espaces du bâtiment, véritable microcosme urbain; la cour centrale dérivée de l'architecture des premières écoles monastiques est vecteur d'intimité et de concentration; la tour-beffroi affirme la puissance des Pays-Bas au sein du cosmopolitisme de la Cité internationale. La tour est également un élément structurel de grande valeur; elle donne au bâtiment un caractère monumental et marque un axe vertical, pivot autour duquel s'organise l'ensemble de l'édifice.

Au-delà d'une filiation certaine avec l'hôtel de ville d'Hilversum, le Collège néerlandais affirme une radicalisation de la pensée architecturale de Dudok. Les références à l'architecture de brique de Berlage et de l'école d'Amsterdam s'atténuent au profit des suggestions formelles du mouvement De Stijl: décomposition, articulation et intégration des éléments architecturaux. Rejetant tout régionalisme architectural, le Collège néerlandais se tourne vers les modèles de l'architecture industrielle: ossature tramée en béton armé, enduit blanc, tours ressemblant à des silos à grains, dépouillement des façades rythmées par des rubans de verre et de béton.

Cette sobriété est cependant adoucie par quelques références à l'architecture domestique qui atténuent la monumentalité du bâtiment. Les petites fenêtres à carreaux typiquement hollandaises, le bow-window donnant sur le jardin, les jardinières soulignant les lignes horizontales de l'architecture sont autant d'éléments qui illustrent la fonction de cet édifice, véritable « maison » des étudiants néerlandais.

La « réévaluation » architecturale et historique du Collège néerlandais, l'un des très rares exemples d'architecture néerlandaise en France, est urgente afin de remédier à sa dégradation qui empêche d'en appréhender l'importance dans l'histoire de l'architecture moderne.

Le Collège néerlandais est situé dans la Cité Internationale Universitaire de Paris; 61, Blvd. Jourdain, Paris XIV

Consultez aussi le site web: www.college-neerlandais.org

L'atelier Theo van Doesburg à Meudon

doesburg.gif

L'atelier à Meudon

Theo van Doesburg est né aux Pays-Bas, à Utrecht, en 1883 sous le nom de Christiaan Küpper. C'était un peintre et un collectionneur d'art qui s'intéressait profondément aux théories de l'Art Moderne. Il espérait faire aboutir les arts plastiques dans l'architecture. En outre il fut, dès 1918, un des créateurs de la revue "le Style" (De Stijl) avec Piet Mondriaan, Vilmos Huszar, Vantongerloon, etc. Jusqu'à 1924 il travaillait avec des lignes droites et des angles selon le principe du "Style". Son introduction de la diagonale, par contre, provoqua une rupture avec le groupe, notamment avec Mondriaan. Van Doesburg, qui était aussi impliqué dans l'aventure DaDa, a alors décidé de s'installer en France.

Lorsqu'il émettait et défendait ses théories résumées en dix-sept points principaux, Van Doesburg faisait également oeuvre de créateur. En France, hormis le café l'Aubette à Strasbourg, il n'a construit que la villa Van Doesburg.Malheureusement iln'a pas pu y vivre longtemps; il mourut en 1931 à Davos, âgé de 48 ans, au moment où s'achevait cette oeuvre. Après la mort de son mari, la veuve Nelly van Doesburg-van Moorsel a vécu dans la villa jusqu'à sa mort en 1975.

Création et construction

La villa Van Doesburg a été construite dans les années 1927-1930 d'après la propre création de Theo van Doesburg. Comme il ne voulait pas que sa villa soit seulement une villa d'habitation, il la destina à devenir un atelier où les principes du "Style" pourraient être transmis à de jeunes artistes.

Le premier plan de la villa date de 1927, mais c'est seulement en mai et juin 1929 que les dessins de construction ont été mis au net par le stagiaire de Van Doesburg de l'époque, Monsieur A. Elzas. Finalement, en juin 1929, une parcelle a été achetée dans la rue Charles Infroit à Meudon.

Pour la construction de sa villa Van Doesburg s'est engagé dans des affaires avec l'entreprise de bâtiment Solomite, qui utilisait à l'époque le nouveau matériau de construction solomite. Ce matériau consiste en plaques de paille qui ont été comprimées par une pression de 7 atmosphères et qui ont une armature de fil d'acier galvanisé. Ce matériau relativement bon marché est appliqué sur un squelette de béton.

Le voeu de Van Doesburg était de réaliser un prototype de villa qui en fin de compte pourrait être livré en modèle standard. Malheureusement il n'a pas pu remédier aux problèmes rencontrés. Malgré cela, la construction de la villa, commencée en 1929, abouti à sa réception à la fin de 1930. Il y a quelques années, Monsieur Elzas a été de nouveau mêlé à la villa en tant qu'architecte de restauration.

La Fondation Van Doesburg

Les héritiers de Theo van Doesburg, Wies van Moorsel et son mari Jean Leerling, ont offert la villa et les oeuvres qui s'y trouvaient dans la villa à l'état néerlandais. En outre ils ont créé la fondation Van Doesburg afin de maintenir et de gérer les objectifs culturels de la Villa Van Doesburg. A cette fin ils ont décidé de louer la villa à des artistes pour qui un séjour à Paris est nécessaire ou souhaitable afin de terminer leur étude, de continuer leur développement personnel ou afin d'étudier un sujet particulier. Le choix du locataire est notamment basé sur l'intention qui a poussé Theo van Doesburg à créer son oeuvre.

Les moyens financiers de la fondation se composent du capital de fondation, du revenu de la location de la villa, de subventions de l'état, de dons et de legs, et d'autres profits légaux.

Les oeuvres d'art dans la villa sont gérées par le Service de l'Etat pour les Arts Plastiques (Rijksdienst Beeldende Kunst) àLa Haye. L'ancien ministère du bien-être, de la santé publique et de la culture a transmis la gestion de la fondation à la Fondation Van Doesburg. Le conseil d'administration de la fondation est composé d'une part de membres désignés par l'état néerlandais et d'autre part de membres représentant le secteur culturel néerlandais.

La fondation s'est chargée premièrement de la restauration de la villa Van Doesburg. Depuis la fin des travaux en 1985, la villa restaurée est louée chaque année (de septembre à septembre) à un artiste néerlandais. Y ont vécus les dernières années la photographe Erica Overmeer, le peintre Peter Otto, Hugo Brandt Corstius, un écrivain, et Jan van der Putte, un compositeur.

Récemment, un catalogue de l'oeuvre complète de Theo van Doesburg est paru chez l'editeur Thoth, Prins Hendriklaan 13, 1404 AS BUSSUM, PAYS-BAS, tél. ++ 31 35 694 41 44.